AccueilSalle de presseCommuniqués de presse201230 mai - Valleyfield
Valleyfield, le 30 mai 2012
Le 2 septembre 2011, sur un chantier de la Nouvelle Autoroute 30 dans le secteur de Châteauguay, Georges Berger, arpenteur pour l’entreprise NA30 CJV S.E.N.C., est écrasé mortellement par un camion à benne basculante qui recule. Parmi les causes de l’accident, la CSST identifie, entre autres, des lacunes dans la gestion de la circulation des personnes dans la zone de travail mécanisé.
La CSST rend aujourd’hui publiques les conclusions de son enquête afin de sensibiliser les milieux de travail concernés à l’importance d’établir un plan de circulation englobant le déplacement des travailleurs à pieds et des équipements mécanisés, d’adapter ce plan en fonction de la grandeur du chantier et de l’évolution des travaux et de superviser sa mise en place et son évolution. Rappelons qu’au Québec, en 2011, trois travailleurs de la construction ont été heurtés mortellement par un véhicule ou un équipement mobile.
Peu avant l’accident, l’arpenteur s’affaire à prendre une première mesure à l’extérieur de la zone de recul du camion. À ce moment-là, une séquence de trois événements s’amorce. Le contremaître, qui fait office de signaleur, fait signe au conducteur du camion de reculer. Il se retourne ensuite pour marcher vers le point de déchargement. Le conducteur du camion entreprend une manœuvre de recul vers le signaleur. L’arpenteur se déplace de cinq mètres, entre dans la zone de recul et prend une deuxième mesure. Le camion recule de douze mètres et heurte l’arpenteur. Les secours sont appelés sur place et le travailleur est transporté au centre hospitalier, où son décès est constaté.
L’enquête a permis à la CSST d’identifier trois causes à l’accident. D’abord, l’arpenteur s’est retrouvé derrière un véhicule sur le point d’effectuer une manœuvre de recul pendant que le contremaître-signaleur était de dos. Ensuite, l’alarme de recul du camion s’est avérée inefficace pour avertir l’arpenteur du danger. Enfin, la gestion de la circulation des personnes dans la zone de travail mécanisé était déficiente.
À la suite de l’accident, la CSST a interdit à l’employeur d’utiliser le camion en cause dans l’accident et un scellé a été apposé sur celui-ci, jusqu’à ce que les résultats d’un examen de l’état de l’équipement et de ses systèmes d’alarme soient connus. La CSST a également interdit le déversement de matériaux par camion à benne basculante ou toute autre activité nécessitant le recul de véhicules dans des aires de travail ayant des travailleurs ou d’autres personnes à proximité.
Avant d’autoriser la reprise des travaux, la CSST a exigé de l’employeur qu’il élabore une procédure de travail pour contrôler les mouvements de recul des véhicules et des équipements et assurer qu’un signaleur effectue en tout temps le contrôle des mouvements. Des méthodes et des directives pour contrôler l’accès aux sites, où des véhicules et des équipements se déplacent, ainsi que des directives pour la vérification des alarmes de recul des véhicules et des équipements ont dû être élaborées et mises en place.
Afin d’éviter qu’un tel accident se reproduise, la CSST rappelle que le déplacement des véhicules doit être contrôlé afin d’assurer la sécurité de toute personne. À cette fin, les maîtres d’œuvre et les employeurs doivent identifier les dangers pour chacune des phases des travaux à réaliser. Ils doivent élaborer un plan de circulation afin de limiter les manœuvres de recul et empêcher la présence simultanée de camions et de travailleurs à pieds. Finalement, les méthodes de travail sécuritaires doivent être communiquées aux travailleurs concernés.
Au Québec, malgré la baisse des lésions enregistrées ces dernières années, le secteur de la construction demeure l'un des plus touchés par les accidents du travail et les maladies professionnelles. Chaque jour, 20 travailleurs de la construction sont blessés. Pour prévenir les accidents sur un chantier, il faut intégrer le volet de la santé et de la sécurité du travail aux autres activités de gestion en appliquant un programme de prévention. Cette démarche de gestion consiste à identifier les dangers, à les éliminer ou à les contrôler, à informer les travailleurs et à les former, et à assurer auprès d'eux une supervision adéquate. Parce que le Québec a besoin de tous ses travailleurs.
Le rapport d’enquête de l’accident est disponible dans le site Web de la CSST :www.centredoc.csst.qc.ca/pdf/ed003925.pdf
Pour en savoir plus sur la santé et la sécurité du travail dans le secteur de la construction, visitez le www.dangerconstruction.ca
Retour à la liste des communiqués