​Diable de manutention

Description

Le diable est un chariot de manutention à structure verticale pourvu de deux ou de quatre roues qui utilise le principe du levier pour mouvoir des charges. Les poignées en assurent la direction. À la différence des chariots, qui portent toute la charge, les diables en portent une partie, l’autre partie étant portée par le manutentionnaire.

Le diable est constitué de deux bras et d’une plateforme appelée « bavette » sur laquelle la charge est déposée (illustration ci-dessous). Il est utilisé pour manutentionner des charges généralement plus hautes que larges.


Bavette
Illustration : Marc Lalumière

Le diable est offert en plusieurs matériaux comme l’acier, l’acier inoxydable, l’aluminium, le magnésium et le nylon. Il est facile à manœuvrer sur un sol ferme et uniforme. Il est peu encombrant et demande peu d’entretien.

Plusieurs modèles de diables sont offerts sur le marché. Certains modèles sont conçus pour des usages spécifiques, comme le diable pour barils, le diable pour électroménagers et le diable pour escalier. Plusieurs modèles sont transformables en chariot à plateforme.

Afin de minimiser l’effort physique, il est important de bien choisir le modèle en fonction de la tâche à effectuer et de l’objet à transporter.

Critères de sélection

  • Parmi les critères à considérer lors de la sélection d’un diable, les principaux sont le choix d'un diable qui convient à la tâche, le type de roues et leur taille, le type de poignées et, si nécessaire, l’adaptation aux escaliers. Voici des critères à considérer dans le choix d’un diable :
  • Vérifier le poids et les dimensions des charges à transporter afin de déterminer la capacité, la dimension et le type de diable le plus approprié pour déplacer la charge. Étant donné qu’une partie de la charge est portée par le travailleur, la capacité du diable ne devrait pas être excessive.
  • Tenir compte de l’état du sol, car il affecte la performance du diable. Un sol inégal, des dénivellations ou des voies de circulation qui comportent des pentes ou des allées étroites entraînent une charge supplémentaire. 
  • Vérifier dans l’environnement de travail s’il y a des conditions particulières d’humidité élevée ou des exigences de salubrité afin de déterminer le matériau ou le type de diable le plus approprié aux conditions d’utilisation. Certains modèles sont offerts en acier inoxydable, ce qui permet une meilleure protection contre la corrosion.
  • Privilégier un diable robuste et léger. Le poids du diable contribue au poids total manutentionné, qui ne doit pas être excessif. Privilégier si possible un diable en matériau léger comme le nylon, l’aluminium ou le magnésium.
  • Choisir des roues ayant le plus grand diamètre possible. L'emploi de plus grosses roues de même que de roues ou de pneus bien gonflés réduit généralement la force que l'opérateur applique au cours de ses manœuvres. Si le sol est inégal ou trop souple, l’augmentation du diamètre des roues facilitera les déplacements. 
  • Opter, si nécessaire, pour une bavette plus grande. La bavette est la petite plateforme d’appui sur laquelle la charge est déposée (illustration ci-dessus). La profondeur de la bavette varie généralement entre 17 et 35 cm. Il existe également des accessoires qui permettent d’allonger ou d’élargir la bavette. 
  • Certains modèles sont pourvus d’une sangle, d’une courroie, de tendeurs ou d’un autre moyen de retenue qui permet de fixer les charges.
  • Choisir des poignées​ conçues pour faciliter la prise et les manœuvres. 
  • Opter si possible pour un système de freinage efficace si le diable doit être déplacé sur une surface inclinée telle qu’une rampe d’accès.
  • Choisir un modèle muni d’un monte-marche si les voies de circulation à emprunter comportent des marches. Le monte-marche est une barre verticale fixée à la structure du diable près des roues pour faciliter le glissement sur les marches lors de la montée ou de la descente. Le monte-marche peut aussi être constitué d’un mécanisme de chenille.
  • Opter pour la rampe portative, qui est une solution pour remplacer le monte-marche s’il n’y a qu’une seule marche à monter, comme une bordure de trottoir (illustration ci-dessous).
  • Rampe portative
    Illustration : Marc Lalumière
  • Choisir un modèle adapté aux escaliers (diable pour escalier manuel ou motorisé) si les voies de circulation à emprunter comportent des escaliers (plus que quelques marches). 

Conseils pour une utilisation sécuritaire

Un bon aménagement du lieu de travail et les quelques astuces suivantes peuvent aider à réduire les risques de blessures dues aux efforts excessifs : 

  • Vérifier la pression des pneus et le fonctionnement des roues afin qu’ils soient en bonne condition. Des pneus dégonflés ou des roues lâches ou entravées par une accumulation de poussière augmentent l’effort requis.  
  • Éliminer les dénivellations, réparer les fissures du plancher et ajuster l’ascenseur pour qu’il s’arrête parfaitement au niveau de l’étage. Des dénivellations d’un, de deux, et même de cinq centimètres ont déjà été observées à l’entrée d’ascenseurs.
  • S’assurer préférablement que la charge ne dépasse pas de beaucoup la largeur ou la profondeur de la « bavette » (petite plateforme d’appui).
  • Veiller à ce que les charges à manipuler soient compactes et rigides, permettant une bonne prise près du corps.
  • Contrôler le centre de gravité du chargement en plaçant les objets lourds près du sol. 
  • Répartir la charge de façon à assurer sa stabilité.
  • Charger une pile de caisses en basculant le diable vers l’avant afin de glisser la « bavette » du diable sous la pile. Pousser la bavette pour la glisser entièrement sous la charge avant de basculer le diable vers l’arrière, comme décrit ci-dessous.
  • Limiter la hauteur du chargement afin de conserver un bon champ de vision et de faciliter les manœuvres.
  • Attacher la charge si elle est instable.
  • Amorcer la manœuvre en saisissant fermement les deux poignées et en poussant avec un pied la partie inférieure du diable, et maintenir l’équilibre du diable.
  • Maintenir le centre de gravité de la charge au-dessus de l’essieu des roues lors du transport afin que la charge soit transportée par les essieux, et non par les poignées. Les poignées devraient être situées environ à la hauteur de la ceinture du travailleur.
  • Conduire le diable en le poussant de face plutôt qu’en le tirant à reculons, sauf pour monter une marche ou pour entrer dans un ascenseur.
  • Utiliser les deux mains pour manœuvrer le diable afin d’assurer une meilleure distribution de l’effort. Utiliser le poids du corps et la force des muscles abdominaux pour propulser le diable afin de faciliter l’effort.
  • Respecter le plus possible la vitesse recommandée pour les déplacements avec le chariot, qui est la vitesse de marche type (3-4 km/h). Il est préférable d’éviter de courir, car le diable peut être difficile à arrêter lorsqu’il est en mouvement.
  • Entrer à reculons dans un ascenseur avec le diable. Monter les escaliers à reculons en tirant le diable. Le diable devrait toujours être placé devant l’utilisateur.
  • Adapter l’inclinaison de la rampe d’accès au poids et à la nature des charges, si le diable doit être déplacé dans une telle rampe. L’inclinaison ne devrait pas excéder 5 %. Il faut également s'assurer que le chariot et sa charge sont toujours sous le plein contrôle de l'opérateur.

Conseils généraux pour une utilisation sécuritaire

  • Éviter de surcharger l'appareil de manutention afin de faciliter les manœuvres;
  • Ne pas manipuler avec des mains ou des chaussures glissantes; 
  • Dégager le sol et les espaces de circulation;
  • Planifier le déplacement.​

    To​us les conseils généraux​​​

Références

  • ASSOCIATION PARITAIRE POUR LA SANTÉ ET LA SÉCURITÉ DU TRAVAIL – SECTEUR FABRICATION DE PRODUITS EN MÉTAL ET DE PRODUITS ÉLECTRIQUES et INSTITUT DE RECHERCHE ROBERT-SAUVÉ EN SANTÉ ET EN SÉCURITÉ DU TRAVAIL. Manutention à l'aide d'équipement roulant non motorisé, Montréal, ASPME, IRSST, 2002, 4 p. (Grille d'autodiagnostic en santé et en sécurité du travail), http://www.asphme.org/upload/pdf/GADmanu.pdf Site externe.

  • ASSOCIATION PARITAIRE TRANSPORT ET ENTREPOSAGE. Démarche de prévention en manutention : guide de prévention : manuel de référence, Saint-Léonard, ASTE, 1998, 149 p.

  • CENTRE CANADIEN D’HYGIÈNE ET DE SÉCURITÉ AU TRAVAIL. MMM : aides mécaniques pour le transport des matériaux : II, [En ligne], 2009, réf. du 9 novembre 2012, http://www.cchst.ca/oshanswers/ergonomics/mmh/mechanicalaids_transport2.html Site externe

  • JUNG, M.C., J.M. HAIGHT, et A. FREIVALDS. « Pushing and pulling carts and two-wheeled hand trucks », International journal of industrial ergonomics, vol. 35, no 1, Jan. 2005, p. 79-89.

  • MICHIGAN STATE UNIVERSITY. ENVIRONMENTAL HEALTH AND SAFETY. Hand truck operations, [En ligne], réf. du 11 décembre 2012, http://www.orcbs.msu.edu/occupational/programs_guidelines/forktrucks/HAND%20TRUCK%20OPERATIONS.pdf Site externe.

  • MISSOURI EMPLOYERS MUTUAL. Tool box talks : two-wheel hand trucks, [En ligne], réf. du 11 décembre 2012, http://www.worksafecenter.com/safety-resources/PDF/tutorial/manufacturing/Two%20Wheel%20Hand%20Trucks.pdf ;Site externe.
  • OCCUPATIONAL SAFETY AND HEALTH ADMINISTRATION. Hand trucks, [En ligne], réf. du 28 novembre 2012, http://www.osha.gov/SLTC/etools/beverage/hand_trucks.html Site externe​.

  • OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE, D. RIOPEL et C. CROTEAU. Dictionnaire illustré des activités de l’entreprise français-anglais : industrie, techniques et gestion, [Montréal], Presses internationales Polytechnique, 2008, 742 p.

  • ORGANISATION INTERNATIONALE DE NORMALISATION. Ergonomie : manutention manuelle. Partie 2, actions de pousser et de tirer, Genève, ISO, 2007, v, 66 p. (ISO 11228-2 : 2007).
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