Guide d'utilisation d'une fiche signalétique​

7. Caractéristiques physiques

Cette section de la fiche signalétique décrit les caractéristiques physico-chimiques d'une substance dans l'état actuel des connaissances scientifiques.

*Renseignements non obligatoires aux fins du SIMDUT.

 


 

Formule moléculaire

La formule moléculaire décrit par leur symbole les éléments qui forment une substance et en indique la proportion. Les substances pures sont les seules à avoir une formule moléculaire définie.

 

Exemple

Eau : H2O

Toluène : C7H8

Formule moléculaire de l'eau et du toluène

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Masse moléculaire

C'est la masse en grammes d'une quantité fixe de molécules d'un produit chimique. La masse moléculaire n'est définie que pour les substances chimiques pures.

 

Exemple

Toluène : 92,15 g


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État physique

Il s'agit de la forme dans laquelle le produit se présente : gazeuse, liquide ou solide à la température ambiante (20 °C) et sous une pression atmosphérique normale (760 mm de Hg (101,32 kPa)).

 

Exemple

Solide : chaux
Liquide : eau
Gazeux : oxygène

Solide - Liquide - Gazeux

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Apparence

Ce champ fournit des précisions sur un produit ou présente des caractéristiques supplémentaires de l'état physique ou de l'aspect de ce produit.

 

Exemple

Si le produit est solide, il peut être cristallin, granuleux, poudreux, etc.
S'il est liquide, il peut être visqueux, gélatineux, huileux, etc.

Solide - Liquide

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Couleur et odeur

Il s'agit de certaines des caractéristiques physiques du produit. Un produit peut avoir une couleur précise ou être incolore. Il peut avoir une odeur caractéristique, distinctive ou être inodore. L'odeur de certains produits peut être détectée à partir d'une certaine concentration, qui devient la limite de détection olfactive.

 

Exemple

Couleur :

  • gris : sulfate cuivreux

  • incolore : eau

Odeur :

  • aromatique : toluène

  • caractéristique : chloroforme

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Limite de détection olfactive

C'est la concentration minimale d'une substance susceptible d'être détectée dans l'air par l'odorat humain. Elle est habituellement exprimée en parties par million (ppm).

 

Exemple

L'ammoniac peut être détecté à 17 ppm.

1 ppm - 8 ppm - 17 ppm

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Densité

La densité est une donnée physico-chimique liée au poids d'un produit. Elle représente le poids d'un produit par unité de volume et elle s'exprime en grammes par millilitre (g/ml), à 20 °C. Le poids spécifique est aussi une donnée physico-chimique et il est fréquemment utilisé à la place de la densité. Il s'agit cependant d'une valeur relative qui indique combien de fois le produit est plus lourd que l'eau. Si la densité d'un produit, peu soluble dans l'eau, est inférieure à 1 g/ml, le produit flottera. Par contre, si elle est supérieure à 1 g/ml, le produit coulera. Ces renseignements sont utiles pour prévoir le comportement d'un produit en cas de fuite ou d'accident.

 

Exemple

Le toluène est peu soluble dans l'eau. Sa densité est de 0,8661 g/ml, donc inférieure à 1, alors il flotte sur l'eau.

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Point de congélation

Il s'agit de la température à laquelle le produit passe de l'état liquide à l'état solide sous une pression atmosphérique normale (760 mm de Hg [101,32 kPa]). Le point de congélation d'une substance pure est le même que son point de fusion.

 

Exemple

L'eau cristallise à 0° C.


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Point de fusion

C'est la température à laquelle le produit passe de l'état solide à l'état liquide sous une pression atmosphérique normale (760 mm de Hg [101,32 kPa]).

 

Exemple

La glace fond à 0° C.


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Point d'ébulition

Il s'agit de la température à laquelle le produit passe de l'état liquide à l'état gazeux sous une pression atmosphérique normale (760 mm de Hg [101,32 kPa]).

 

Exemple

L'eau bout à 100° C.

Glace - Eau - Vapeur

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Tension de vapeur

Lorsqu'un produit s'évapore, ses vapeurs exercent une pression dans le milieu ambiant. La tension de vapeur s'exprime en millimètres de mercure (mm de Hg) ou en kilopascal (kPa) et se calcule à 20 °C sous une pression atmosphérique normale de 760 mm de Hg (101,32 kPa). Une tension de vapeur supérieure à 760 mm de Hg (101,32 kPa) indique que le produit est à l'état gazeux. Plus la tension de vapeur d'un produit est élevée, plus il a tendance à s'évaporer.

 

Exemple

La tension de vapeur de l'eau est de 17,5 mm de Hg (2,33 kPa) et celle de l'éther diéthylique, de 439,8 mm de Hg (58,63 kPa). Donc, l'éther diéthylique s'évapore plus vite que l'eau.

Éther diéthylique
Eau

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Concentration à saturation

Il s'agit de la concentration maximale dans l'air qu'un produit peut atteindre à l'équilibre, à 20 °C et sous une pression atmosphérique normale de 760 mm de Hg (101,32 kPa).

 

Exemple

Le toluène a une concentration à saturation de 28 800 ppm.


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Densité de vapeur

Cette donnée indique combien de fois les vapeurs d'un produit sont plus lourdes ou plus légères que l'air (air = 1). Cette mesure est prise au point d'ébullition.

Si la densité de vapeur est supérieure à 1, les vapeurs d'un produit auront tendance à se maintenir près du sol.

 

Exemple
  • Le toluène a une densité de vapeur de 3,18. Donc à son point d'ébullition, ses vapeurs auront une forte tendance à rester au niveau du sol.

  • L'alcool méthylique a une densité de vapeur de 1,1. Donc à son point d'ébullition, ses vapeurs se mélangeront facilement à l'air, puisque sa densité de vapeur est près de 1.

Toluène et alcool méthylique
Note. Le comportement des vapeurs n'est valable que pendant un laps de temps assez court et à une température voisine du point d'ébullition. Précisons que les vapeurs émises par un produit en ébullition se dispersent dans l'air avec le temps. Plus l'écart entre la température ambiante et le point d'ébullition est grand, plus la tendance des vapeurs à rester au sol est faible.

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Taux d'évaporation

Le taux d'évaporation indique le rapport entre le temps qu'un produit met à s'évaporer et le temps qu'il faut à un produit de référence pour s'évaporer. Il indique, à volume égal, combien de fois de plus un produit met de temps à s'évaporer qu'un autre. Le taux varie en fonction de la nature du produit et de la température. L'éther diéthylique, par exemple, est le produit de référence sur lequel on possède le plus de données.

 

Exemple

Le taux d'évaporation du toluène est de 4,5 par rapport à celui de l'éther diéthylique. Donc, le toluène met 4,5 fois plus de temps que l'éther diéthylique à s'évaporer.

Éther diéthylique et toluène
Note. Il existe d'autres produits de référence, comme l'acétate de butyle normal, qui servent à établir un taux d'évaporation. Il existe aussi d'autres façons d'établir le taux d'évaporation. Une des méthodes utilisées consiste à déterminer, sur une même période, le rapport entre les volumes du produit visé et du produit de référence qui se sont évaporés. Une autre méthode consiste à déterminer, pour un même volume initial de liquide, le rapport entre les pourcentages du produit visé et du produit de référence qui se sont évaporés. Malheureusement, il arrive qu'une valeur soit donnée sans que la méthode utilisée soit indiquée.

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Coefficient de partage eau/huile

C'est le rapport de distribution d'un produit entre l'huile et l'eau lorsqu'elles sont mises en contact avec le produit.

Une valeur inférieure à 1 indique une meilleure solubilité du produit dans les huiles et les graisses. Le produit est donc susceptible d'être absorbé par la peau. Une valeur supérieure à 1 indique, par contre, une meilleure solubilité dans l'eau. Ce produit pourrait donc être absorbé par les muqueuses. Ce renseignement peut être utile pour évaluer les premiers soins à prodiguer et faciliter le choix de l'équipement de protection.

 

Exemple

Le toluène a un cœfficient de partage eau/huile de 0,0026. Donc le toluène est plus soluble dans l'huile que dans l'eau à raison de 0,0026 g dans l'eau pour 1 g dans l'huile.

 
Note. Dans certaines fiches signalétiques, le cœfficient de partage est exprimé en log Pow, donc sous la forme logarithmique du cœfficient de partage n-octanol/eau. Le n-octanol est en fait la substance de référence qui se rapproche le plus de l'huile. La méthode de conversion du log Pow en cœfficient de partage eau/huile est décrite dans la section Facteurs de conversion du présent guide.

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pH

Le pH, exprimé par une valeur numérique, indique si une solution est acide ou basique. L'eau est neutre et a un pH de 7. Les acides ont un pH inférieur à 7 et plus la valeur est basse, plus l'acide est puissant. Les bases ont un pH supérieur à 7 et plus la valeur est élevée, plus la base est forte.

 

Exemple

Vinaigre (acide) : pH = 2,1
Ammoniaque 27-30 % (base) : pH = 12,3



Très acide - Neutre - Très basique
Note. Pour les besoins de la réglementation, notamment le SIMDUT, il est établi qu'une substance est considérée comme corrosive si son pH est égal ou inférieur à 2 ou égal ou supérieur à 11,5. Toutefois, des tests effectués sur les animaux et prouvant que la substance n'est pas corrosive, prédominent sur la valeur du pH.

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Solubilité dans l'eau à saturation

Il s'agit de la quantité maximale d'un produit qu'il est possible de dissoudre dans l'eau. Cette donnée s'exprime en grammes par litre, à une température de 20 °C. Si la solubilité n'est pas connue avec précision, le produit est qualifié par exemple d'« insoluble », de « peu soluble  » ou de « très soluble ». Un liquide se mélangeant parfaitement avec l'eau pour ne former qu'une seule phase est dit « miscible ».

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Granulométrie

 

La granulométrie indique la grosseur des particules. Cette information est facultative dans la FDS. L’utilisation d’un produit, qu’il soit sous forme liquide ou solide, peut entraîner la production d’aérosols composés de particules solides (poudres, poussières ou fumées) ou liquides (brouillard).

En fonction de leur granulométrie, les particules peuvent pénétrer et se déposer dans les voies respiratoires supérieures et inférieures. Elles risquent alors de provoquer des effets sur la santé, plus ou moins graves selon leurs propriétés toxicologiques.

La composition des particules et leur granulométrie permettent par ailleurs d’évaluer les risques qu’elles représentent pour la sécurité. La classification d’un produit dans une des classes de danger « Poussières combustibles », « Matières solides pyrophoriques » ou « Matières auto-échauffantes » dépend notamment de la granulométrie.

La connaissance des propriétés des particules, dont la granulométrie, permet de déterminer les moyens de prévention appropriés. Elle est, entre autres, essentielle au moment de choisir les composantes et la configuration d’un système de ventilation.

 
moins de 1 micron 1 micron - 5 microns 5 microns - 30 microns 30 microns et plus

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