Un travailleur demeure avec de graves séquelles physiques et un autre est blessé lorsqu’une maison s’effondre durant une opération de soulèvement. Le 3 octobre 2008, trois travailleurs de l’entreprise Roland Bélanger et Fils s’apprêtent à installer le coffrage des fondations d’un bâtiment résidentiel existant. Au moment où un des empilements de bois servant de support temporaire du bâtiment est déplacé, la maison chute et heurte au passage deux des trois travailleurs qui se trouvent sous celle-ci. À chaque année, depuis cinq ans, en moyenne 97 travailleurs gaspésiens ou madelinots du secteur de la construction se blessent sur un chantier.
Rappel des événements
Le jour de l'accident, l’équipe de travail doit construire des fondations sous un bâtiment résidentiel. Lors de l’étape du soulèvement, les travailleurs érigent des empilements de bois à chaque extrémité des poutres de levage. Pour permettre de couler la semelle de la fondation, les travailleurs doivent démonter, puis déplacer un des empilements d’environ un mètre. Au moment où l’empilement est presque complètement démonté, après avoir soulevé la maison d’environ trois centimètres pour faciliter le démontage, le bâtiment bascule en direction des travailleurs. Un des travailleurs se jette sur le dos vers l’extérieur du bâtiment et évite de se faire heurter par celui-ci. Un autre, penché vers l’avant, se fait frapper par des pièces qui chutent du dessous du bâtiment. Enfin, un troisième travailleur se fait coincer et écraser au niveau de l’abdomen par une partie du bâtiment.
Mieux identifier les dangers
L'enquête a permis à la CSST de retenir trois causes pour expliquer cet accident. Le support, composé d’une assise, d’un vérin manuel et d’une colonne de mélèze, cède sous la charge du bâtiment. De plus, les chandelles sont inefficaces pour soutenir la poutre. Enfin, la gestion déficiente de la prévention pour les opérations de soulèvement vient également expliquer la chute du bâtiment. Entre autres, l’employeur ne connaissait pas la capacité de charge des pièces de bois constituant les empilements.
Prévenir les dangers
À la suite de cet événement, la CSST a suspendu les travaux de construction des fondations en raison des dangers d’effondrement du bâtiment. Le bâtiment a été ensuite démoli de façon mécanique à l’aide d’une pelle hydraulique. Les travaux de construction des fondations n’ont jamais repris.
Pour éviter que de tels accidents ne se reproduisent, la CSST informera les employeurs concernés des dangers de se tenir à proximité d’une charge retenue par un appareil de levage ou par des structures temporaires. Ces employeurs seront également informés des mesures à mettre en place pour éliminer ces dangers.
Sur les chantiers : Tout faire pour qu'il n'arrive rien !
Au Québec, le secteur de la construction demeure l'un des plus touchés par les accidents et les maladies du travail. Pourtant, ces lésions professionnelles peuvent être évitées par une gestion permanente de la santé et de la sécurité sur les chantiers. Pour ce faire, l'employeur, le maître d'œuvre et les travailleurs doivent faire équipe et participer à l'identification et au contrôle des dangers. Bref, il faut Tout faire pour qu'il n'arrive rien ! Le site Web de la CSST (www.csst.qc.ca/construction) livre des informations supplémentaires sur le plan d’action construction mené par la CSST.