Alors qu’il travaille sur le chantier du prolongement de l’autoroute 30 à Saint-Constant, le 18 août 2008, M. Jean-Guy Meunier, travailleur de Laco Construction inc., meurt écrasé par un mur de coffrage. Au terme de son enquête, la Commission de la santé et de la sécurité du travail constate entre autres que les méthodes de coffrage et de décoffrage sont déficientes.
À la suite de l’enquête sur cet accident, la CSST rappelle aux employeurs l’importance d’utiliser des accessoires approuvés pour prévenir les accidents lors des travaux de coffrage et de décoffrage. En 2008, au Québec, 14 accidents de travail mortels sont survenus dans le secteur de la construction.
Un mur de coffrage écrase mortellement le travailleur
Les travaux du chantier comprennent la construction d’échangeurs, de viaducs et de tronçons d’autoroute. Pour couler le béton du viaduc, on doit installer un coffrage qui le moule et le maintient en place. Le jour de l’accident, M. Jean-Guy Meunier, accompagné d’un collègue, finalise le décoffrage des quatre murs de la masse de béton. Ils retirent donc les éléments du coffrage parce que le béton s’est solidifié. Alors que les travailleurs retirent les attaches d’un des coins du mur de coffrage qui fait 2 270 kg, ce dernier se renverse et écrase mortellement le travailleur.
Mieux identifier les dangers
La CSST a retenu quatre causes pour expliquer l’accident. Des lacunes lors de l’installation du coffrage et une mauvaise méthode de travail lors du décoffrage ont rendu le mur instable. La pression exercée par le vent sur la section exposée du mur a fourni la faible poussée manquante pour renverser le mur. Finalement, la gestion des travaux de coffrage et de décoffrage a été déficiente.
Exigences de la CSST
À la suite de l’accident, la CSST a interdit les travaux de décoffrage et a demandé à l’employeur de lui fournir une méthode de décoffrage signée et scellée par un ingénieur.
La CSST a aussi ordonné à l’employeur de s’informer auprès du fournisseur des outils et des équipements nécessaires et appropriés pour les travaux de coffrage. Il doit également modifier ses méthodes de coffrage et de décoffrage pour qu’elles soient plus sécuritaires. Finalement, il doit informer et former ses travailleurs en conséquence.
La CSST considère que l’employeur Laco Construction inc. et le maître d’oeuvre du chantier, le ministère des Transports du Québec, ont agi de manière à compromettre la sécurité des travailleurs. En conséquence, des constats d’infraction ont été délivrés. Pour ces infractions, l’amende peut varier de 500$ à 20 000 $ pour une première offense ou de 1 000 $ à 50 000 $ en cas de récidive.
Prévention des accidents
Pour éviter qu’un autre accident de ce type ne survienne, la CSST rappellera aux employeurs spécialisés dans les travaux de coffrage et de décoffrage, de même qu’à l’Association des constructeurs de routes et de grands travaux au Québec, la nécessité d’utiliser les accessoires approuvés par le fabricant ou exigés par le plan d’étaiement de coffrage de l’ingénieur.
Depuis 12 ans, la CSST met en oeuvre un Plan d’action construction qui comporte une politique de tolérance zéro en ce qui concerne les dangers liés aux chutes, aux échafaudages inadéquats, aux travaux d’excavation et de tranchées mal sécurisés, aux travaux près des lignes électriques et à tous les dangers industriels pour la santé (poussières d’amiante et silice). Le site Web de la CSST (www.csst.qc.ca/construction) livre des informations supplémentaires sur le plan d’action.