Une méthode de travail dangereuse consistant à redémarrer une unité de chauffage est l'une des causes de l'explosion qui a entraîné des blessures à quatre travailleurs et à un client, chez l'entreprise Les Aciers Rémi Latulippe, le 17 décembre 2007.
La Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) rappelle aux fournisseurs ainsi qu’aux employeurs qui utilisent des systèmes de chauffage alimentés en gaz propane de s'assurer que les méthodes pour effectuer le redémarrage des équipements sont sécuritaires. De plus, les travailleurs affectés à ces tâches doivent avoir les connaissances ainsi que les habiletés nécessaires pour les effectuer. De 2002 à 2007, 19 explosions impliquant du gaz propane sont survenues en milieu de travail au Québec, dont cinq dans la région de la Chaudière-Appalaches.
Accumulation de gaz propane dans le local d'entreposage
Le jour de l'accident, un travailleur des Aciers Rémi Latulippe, une entreprise située à Vallée-Jonction, en Beauce, tente de redémarrer l'unité de chauffage d'un local d'entreposage, mais n'y parvient pas. Il purge alors la ligne d'alimentation en gaz propane. Une méthode de travail inappropriée entraîne une fuite de gaz à l'intérieur du bâtiment, ce qui provoque une explosion, blessant quatre travailleurs et un client.
Mieux identifier les dangers
L'enquête a permis à la CSST de retenir trois causes expliquant l'accident. Tout d'abord, la méthode utilisée pour redémarrer l'unité de chauffage entraîne une accumulation de gaz propane dans le local d'entreposage. Ensuite, le travailleur possède des connaissances insuffisantes pour redémarrer l'unité de chauffage de façon sécuritaire. Enfin, la gestion de la santé et de la sécurité du travail en lien avec les équipements de gaz propane est déficiente.
La CSST interdit l'accès au bâtiment
Afin d'assurer la sécurité des travailleurs et de tout autre personne, une interdiction d'accès au bâtiment a été émise le jour de l'accident. La CSST a également interdit à l'employeur de faire intervenir ses travailleurs sur les nouvelles installations de gaz propane tant qu'ils n'auront pas les compétences requises.
De plus, l'employeur devra s'assurer que ses travailleurs respectent les instructions du fabricant du système de chauffage et procèdent aux travaux conformément aux dispositions prévues au Code d'installation du gaz naturel et propane. Finalement, la CSST exige que l'employeur élabore et applique un plan d'évacuation en cas d'urgence incluant les fuites de gaz propane.
La CSST considère que l’employeur, Les Aciers Rémi Latulippe, a agi de manière à compromettre la sécurité des travailleurs. En conséquence, un constat d’infraction sera délivré. Pour cette infraction, l’amende peut varier de 5 000 $ à 20 000 $ pour une première offense ou de 10 000 $ à 50 000 $ en cas de récidive.
Informer les entreprises oeuvrant avec le gaz propane
Pour éviter qu'un tel accident ne se reproduise, la CSST demandera à la Régie du bâtiment du Québec et à l'Association québécoise du propane d'informer les entreprises oeuvrant dans la fourniture ou l'entretien des équipements au gaz propane des conclusions de l'enquête. Ces dernières devront s'assurer d'utiliser des méthodes sécuritaires pour redémarrer les installations et de respecter, notamment, les exigences du Code d'installation du gaz naturel et propane.