Imprimer cette page
Saint-Jérôme
26 septembre 2006

Décès d’un jeune travailleur chez Henri Radermaker et Fils : la CSST dépose son rapport d’enquête

La Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) dévoile aujourd'hui les conclusions de son enquête sur l'accident mortel survenu à Mathieu Desjardins-Levac, un jeune préposé au ménage de l'entreprise Henri Radermaker et Fils, une scierie située à Rivière-Rouge. Le 9 décembre 2005, le travailleur est retrouvé coincé dans un angle rentrant d'un convoyeur à courroie, au sous-sol de la scierie. L'enquête révèle, entre autres, que l'angle rentrant est accessible et que la méthode de travail est dangereuse.

Rappel des faits

Le jour de l'accident, M. Desjardins-Levac doit nettoyer différents endroits au sous-sol de la scierie. Afin d'éviter des ennuis de production, un mécanicien lui demande d'accomplir ses tâches tout en laissant fonctionner le convoyeur. Ce convoyeur reçoit les sciures et les débris de bois provenant d'autres machines, les déverse sur un convoyeur vibrant d'où ils sont acheminés vers la déchiqueteuse. Vers 23 h, le mécanicien s'aperçoit que la déchiqueteuse fonctionne à vide, il arrête les machines et il cherche le préposé au ménage. Il trouve ce dernier inconscient dans le convoyeur, la partie droite de son corps coincée dans un angle rentrant. Le préposé au ménage est transporté à l'hôpital où son décès est constaté.

Constatations de la CSST

L'enquête a permis aux inspecteurs de la CSST de retenir trois causes pour expliquer l'accident :

  • la zone dangereuse, constituée par l'angle rentrant du tambour tendeur et de la courroie du convoyeur, est accessible;
  • la méthode de travail utilisée pour le nettoyage du sous-sol de la scierie est dangereuse, notamment parce que des travailleurs circulent dans le convoyeur alors qu'il peut être en marche;
  • la gestion de la santé et de la sécurité du travail des travaux de nettoyage au sous-sol de la scierie est inadéquate en ce qui concerne, entre autres, la formation et la supervision des travailleurs.

La CSST considère que l'entreprise Henri Radermaker et Fils a agi de façon à compromettre la sécurité de ce travailleur. En conséquence, un constat d'infraction a été délivré à l'entreprise qui est passible d'une amende de 5 000 $ à 20 000 $.

Exigences de la CSST

Le 10 décembre 2005, la CSST a interdit l'utilisation du convoyeur. Avant de remettre cet appareil en marche, la CSST a exigé que l'employeur rende inaccessibles toutes les zones dangereuses. De plus, elle a exigé qu'il mette en place des mesures correctives concernant la méthode de nettoyage, la formation du personnel et la surveillance des travaux.

L'employeur s'est conformé à ces exigences.

La sécurité des machines et les jeunes : deux priorités à la CSST

Les statistiques sont éloquentes! Chaque année, au Québec, les machines causent près de 13 500 accidents. Entre 2003 et 2005, elles ont causé la mort de 53 travailleurs. De tels accidents se produisent dans tous les secteurs d'activité industriels. Afin de réduire le nombre d'accidents causés par les machines, la CSST applique le Plan d'action Sécurité des machines et une politique « tolérance zéro » en ce qui concerne les dangers liés à l'accès à des pièces en mouvement. Il s'agit donc, pour la CSST, d'une priorité d'action en matière de prévention. Du    11 septembre au 19 novembre, la CSST diffuse une publicité sur la sécurité des machines. L'objectif est d'inciter les travailleurs et les employeurs à passer à l'action pour éviter les accidents, notamment en protégeant l'accès aux zones dangereuses.

Mentionnons que ce travailleur avait moins de 25 ans et la CSST tient à préciser que la santé  et la sécurité des jeunes sont une priorité pour elle. Chaque année, près de 24 000 lésions professionnelles sont reconnues chez les jeunes de 24 ans ou moins. Au cours des cinq dernières années, la CSST a déploré le décès de 51 jeunes travailleurs. Toutes proportions gardées, les jeunes sont une fois et demie plus souvent victimes d'accidents du travail que les travailleurs plus âgés! Afin de développer une culture de la prévention en matière de santé et de sécurité du travail, la CSST met de l'avant un Plan d'action Jeunesse.

Accès Internet au rapport dépersonnalisé (145 Ko)

Accès Internet aux annexes du rapport (2 Mo)