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Chicoutimi
25 février 2003

Décès d'un travailleur de Entreprise Bruno Girard sur la route des Monts-Valin au Saguenay : la CSST dépose son rapport d'enquête

La Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) dévoile aujourd'hui les conclusions de son enquête sur l'accident survenu le 27 septembre 2002 qui a entraîné le décès de M. Rémi Ouellet, camionneur pour Entreprise Bruno Girard. Le travailleur a été blessé mortellement par l'éclatement d'un pneu lors d'une réparation sur un récepteur de freinage (booster) d'un camion appartenant à Transport Baie-Comeau. L'accident met notamment en cause les dangers associés à l'éclatement d'un pneu qui sont méconnus par le milieu du camionnage.

Rappel des événements


Le 26 septembre 2002, M. Rémi Ouellet laisse son camion, tombé en panne à cause d'un problème d'alternateur, au kilomètre 56 de la route des Monts-Valin au Saguenay. Le lendemain, le travailleur aidé d'un accompagnateur retournent sur les lieux avec un camion léger pour changer l'alternateur. Une fois le travail complété, ils procèdent à la recharge des batteries du camion de M. Ouellet à l'aide du camion léger. À ce moment, l'accompagnateur de M. Ouellet lui suggère, pour recharger plus rapidement les batteries, de faire démarrer le moteur de son camion en le faisant tirer par un autre véhicule lourd.

Quelques minutes plus tard, un camionneur de Transport Baie-Comeau, qui passe par hasard sur la route, arrête pour aider M. Ouellet et son accompagnateur. On décide alors d'utiliser la méthode plus rapide en tirant le camion de M. Ouellet. Le camion de Transport Baie-Comeau s'exécute et la manoeuvre réussie. Après le détachement des camions, le camionneur de Transport Baie-Comeau aperçoit de la fumée provenant du premier essieu droit de son camion. Le récepteur de freinage est décroché. Il sort ses outils et commence la réparation avec l'aide de M. Ouellet qui se place au-dessus des pneus de l'essieu. Quelques secondes plus tard, le pneu éclate et blesse M. Ouellet. Le travailleur est transporté à l'hôpital où il décède quatre jours plus tard.

Constatations de la CSST


L'enquête a permis aux inspecteurs de la CSST de retenir deux causes à l'origine de l'accident :

  • la surchauffe du pneu initie sa pyrolyse (décomposition chimique sous l'action de la chaleur seule) et provoque son éclatement au visage du travailleur;
  • les dangers associés à l'éclatement d'un pneu sont méconnus par le milieu du camionnage.
Exigences de la CSST


La CSST a exigé de l'employeur les mesures correctives suivantes :

  • informer les travailleurs sur les risques reliés au travail à proximité d'un pneu qui a chauffé, incluant les signes de surchauffe;
  • élaborer un plan d'action pour faire face aux situations dangereuses (pneu chauffé ou fumant).
Mesures préventives et plan d'action provincial


Afin de prévenir un événement du même genre, la CSST recommande à tous les employeurs effectuant du camionnage d'établir et de mettre en oeuvre un plan d'action incluant les points suivants :

  • entretien préventif des composantes du véhicule pouvant provoquer l'échauffement de pneus;
  • identification des moyens de prévention à appliquer lors de la surchauffe de pneu;
  • information des travailleurs sur les dangers et les moyens à mettre en place lors d'une surchauffe d'un pneu.

De plus, la CSST entreprendra, en concertation avec ses partenaires, l'élaboration d'un document d'information sur les causes et les dangers reliés à la pyrolyse de pneu et sur les moyens de prévention applicables. Elle en assurera la diffusion auprès des employeurs et des travailleurs du secteur du camionnage.